EE#1 : Nicolas Di Martino, de l’asso Lyon e-Sport

EE#1 : Nicolas Di Martino, de l’asso Lyon e-Sport

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Dans le sport électronique, certains acteurs sont sur le devant de la scène, et d’autres travaillent en revanche dans l’ombre, mais une chose les unit : la passion. L’entretien esportif est une rubrique créée pour donner la parole à ces personnes qui connaissent et qui participent chaque jour à la vie et à l’évolution du sport électronique. Pour la première édition, rencontre avec Nicolas « Meteora » Di Martino, responsable marketing et personnage de l’ombre d’une association qui organise aujourd’hui la LAN numéro 1 en France sur League of Legends : Lyon e-Sport

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IEWT : Bonjour Nicolas, peux-tu avant tout te présenter rapidement, pour tous ceux qui ne te connaissent pas ?
NDM : Oui, je m’appelle donc Nicolas Di Martino, j’ai bientôt 26 ans, une formation en marketing et je m’occupe du marketing au Casino de Paris, mais également dans l’association Lyon e-Sport, où je fais partie du conseil d’administration.

Vous préparez en ce moment la Lyon e-Sport #6. Peux-tu nous rappeler rapidement les informations importantes de cette LAN ?
La Lyon e-Sport #6, c’est une LAN League of Legends, qui aura lieu du 7 au 9 mars 2014 à l’Espace 140, tout près de Lyon. Nous allons accueillir 40 équipes sur LoL, ce qui fait de la Lyon e-Sport la première LAN française sur ce jeu, ainsi qu’un tournoi Smash Bros Melee, qui accueillera 32 joueurs. On est sur le même modèle de LAN que l’année dernière, mais avec l’apport de nombreuses améliorations, pas mal d’invités de la scène esport, ainsi que des gens qui n’ont rien à voir avec la scène esport, pour rendre l’événement un peu plus mainstream.

C’est une volonté de vouloir ouvrir cet événement hors des sphères de l’esport ?
Tout à fait. Un jour, ça viendra avec le temps, et les moyens que nous n’avons pas forcément aujourd’hui, mais ces LAN doivent devenir de vrais salons, ouverts à tout le monde. Nous aimerions que ce soit la sortie du week-end, pour les parents et leurs enfants, et non plus réservé seulement à une élite, ainsi qu’à des gens qui sont déjà formés au milieu.

Les inscriptions semblent faire le plein en tout cas ?
Elles ont ouvert il y a un mois, et ont duré moins de 20 minutes. On savait que l’événement était attendu, l’année dernière il nous a fallu 48 heures pour le remplir, mais là, nous avons été très surpris. En réalité, 119 équipes se sont pré-inscrites en 15 minutes, là où nous ne pouvons en accueillir que 40…

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Est-il envisageable de voir le nombre de slots augmenter ?
L’année dernière, nous avions fait monter le nombre à 48 équipes, mais nous avons préféré ne pas renouveler l’expérience, parce que sur un week-end, 48 équipes, ça ne passe pas au niveau du timing. Le problème de place peut être résolu, mais celui du temps est très difficile à gérer. Il suffit souvent qu’un seul joueur ait 5 minutes de retard pour créer un effet domino et que le tournoi prenne une heure de retard, qui sera impossible ensuite à rattraper sur un rythme aussi serré.

Cet engouement est-il dû à la très bonne réputation que porte l’association Lyon e-Sport, où à cette vague de folie qui entoure League of Legends ?
Je pense qu’il y a des deux, mais c’est assez difficile de juger en étant à l’intérieur, de juger notre propre travail. De l’intérieur, on voit surtout ce qui ne va pas, même si c’est vrai que nous avons une bonne réputation. Quand on a créé l’association, il y a 3 ans, le choix du jeu était stratégique. Nous avons préféré nous orienter sur du LoL plutôt que sur une LAN multigaming. C’est un choix que nous ne regrettons absolument pas, LoL était déjà populaire il y a 3 ans, et on sait le succès qu’il a aujourd’hui, donc bien évidemment que l’on surfe là-dessus.

Au-delà de ça, c’est aussi et surtout notre jeu de cœur, un jeu qu’on connaît bien et qu’on apprécie, puisque avant d’être des organisateurs, nous sommes des joueurs, ce qui participe sûrement à la bonne ambiance sur place. Ce n’est pas une relation « organisateur/client » pendant la LAN, plus un sentiment d’être avec des amis.

L’esprit de la LAN semble être une donnée importante chez vous, non ?
C’est très important, il faut que ce soit convivial. On est dans l’associatif, l’entrée est à 20€ pour tout le week-end, il n’y a pas d’objectif de rentabilité, loin de là. L’idée, c’est vraiment de donner l’occasion aux joueurs, mais également à nous-même, de nous rencontrer le temps d’un week-end, de profiter de notre jeu préféré, et il faut rendre cet événement accessible au plus grand nombre.

Il y aura donc deux tournois pendant cette LAN. Est-ce une volonté de vouloir limiter le nombre de jeux, ou plus une nécessité par manque de place et/ou de moyens ?
Un petit peu des deux. D’un côté nous avons absolument voulu nous spécialiser sur un jeu. De l’autre nous sommes basés à Lyon, et c’est une ville où il est très difficile d’avoir des salles, plus que dans des petites communes ou la mairie est susceptible de prêter des salles, ou faire des tarifs très avantageux. La notre fait un peu plus de 1200m², ce qui est grand, mais pas tant que ça pour une LAN, et elle est déjà très chère. A Lyon, les salles sont régies par deux ou trois grands groupes qui pratiquent des tarifs complètement prohibitifs pour des associations comme les nôtres.

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Ces tarifs sont-ils comparables aux grandes salles parisiennes ?
C’est même pire parfois ! Je connais bien les tarifs parisiens pour travailler dans une salle de spectacle (ndlr : au Casino de Paris), et c’est parfois pire. Si on voulait faire plus grand à Lyon, il y a deux salles susceptibles de nous intéresser, et leur location dépasse la centaine de milliers d’euros. Donc avec des entrées à 20€… ce n’est même pas la peine d’y penser. (rires)

Pour en revenir au nombre de tournois, on a préféré se spécialiser sur un jeu plutôt que de s’éparpiller sur plusieurs.

Tu utilises le verbe « s’éparpiller ». Est-ce que tu considères que la qualité d’un tournoi est revue à la baisse lorsqu’il s’agit d’organiser une LAN sur sept ou huit jeux par exemple ?
Pas forcément, mais on reste relativement jeunes, trois ans, bien loin d’une PxL et de sa quarantaine d’éditions qui peut se permettre, avec son expérience, de s’occuper de plusieurs tournois sans baisser en qualité. On préfère se spécialiser et faire nos preuves là-dessus avant de faire autre chose.

Notre envie, c’est de faire du qualitatif. Dans certaines LANS, il y a 200, 300 ou 400 joueurs, et à tout casser une vingtaine d’administrateurs. Sur notre LAN, il y a une centaine de personnes du staff, pour 250 joueurs. Le ratio n’est pas le même, et notre envie est que les joueurs soient entourés, accompagnés, et qu’ils aient toujours un interlocuteur à proximité. C’est quelque chose qui est déjà difficile à faire sur un seul jeu, ça le serait encore plus si on devait s’occuper de plusieurs jeux, et sur des surfaces plus grandes.

Et pour en revenir aux tournois, pourquoi Smash Bros ?
Tout simplement car notre responsable de tournoi LoL est aussi un très bon joueur de SB, et surtout un excellent commentateur. Il est d’ailleurs déjà passé sur Game One et chez O’Gaming avec Ken Bogard, et il a poussé pour l’organisation d’un tournoi SB. Il faut le dire, nous avons été très surpris de l’engouement suscité par le jeu. C’est un jeu qui date un peu, et qui n’est pas online, donc sa communauté est difficile à cerner. On peut croire que le joueur de SB est isolé dans son salon, et qu’il n’en reste que quelques passionnés, mais c’est faux. Il sont très nombreux, adorent se réunir pour jouer, et sont prêts à faire de très grands déplacements et des sacrifices pour se retrouver, même sans réel enjeu. On a accroché, c’est typiquement l’esprit de notre association.

Donc le tournoi Smash Bros est un tournoi rempli de joueurs qui ne viennent que pour ça, pas par les éliminés et les déçus du tournoi LoL ?
C’est vraiment un public à part. Ça a fait tilt le jour où on a organisé une soirée barcraft à Lyon au Ninbox, il y a un peu moins d’un an, on a eu une centaine de participants. Il se trouve aussi qu’à Lyon, il y a de nombreux bons joueurs de SB, dont certains parmi les meilleurs européens, donc c’était une bonne opportunité.

Au-delà des tournois, y aura-t-il des animations ?
Oui, on a prévu des choses plutôt sympa cette année. Il y aura un maximum de LoL dans les animations, car l’année dernière nous avions essayé autre chose, avec du Starcraft 2, mais l’esprit était différent, le public aussi, et le public que nous avons ce week-end là veut voir du LoL.

Dès le vendredi soir, nous aurons une «  dreamteam » en quelque sorte composée de ShLaYa, Doigby, hyrqBot, Nono et Shaunz qui va faire des showmatchs contre les spectateurs sur scène. Nous ne voulons pas laisser les spectateurs dans un rôle passif, assis sur une chaise. Quand on regarde, ça donne envie de jouer, et il faut qu’ils aient l’occasion de le faire. Nous avons également tout le week-end un stand de 10 PC tenu par Linyuu (en partenariat avec Imaginary Gaming et Zotac), commentateur chez Millenium, qui sera là avec son équipe pour affronter également les spectateurs. Évidemment, toute la journée, les matchs du tournoi officiel seront commentés sur scène, et nous ferons monter à tour de rôle des commentateurs de différentes webTV sur scène. Et ce qui est certainement le plus surprenant du week-end se passe le samedi soir : c’est un concert de Bruno Moreno, qui est un candidat de The Voice 3.

Comment un chanteur de The Voice débarque dans une LAN League of Legends ?
C’est un de nos habitués, et il est lui aussi joueur de LoL, il vient souvent avec sa guitare faire un peu d’animation, et là il a trouvé très sympa l’occasion de faire un concert, et nous aussi trouvons ça sympa de pouvoir montrer une addition du gaming et de la musique et d’attirer un public différent sur des événements jeux vidéo.

Enfin, le dimanche, nous aurons les finales sur scène commentées par ZeratoR et Jiraya, de chez Eclypsia. Et normalement, nous devrions aussi compter sur la présente de quelques personnes de chez RIOT.

 

L’association a aujourd’hui une bonne réputation, quelle est la recette miracle pour plaire à des joueurs qui ont souvent la critique facile ?
Je confirme qu’ils ont la critique facile (rires). Il n’y a pas de recette miracle, on fait notre maximum, on essaye d’être près des joueurs, et de se faire plaisir, en faisant plaisir aux autres. Ces week-ends-là sont épuisants à préparer, encore plus épuisants à tenir, mais on en est tellement contents à la fin que cela nous donne l’énergie de toujours recommencer.

Après, les joueurs sont peut-être terribles sur internet mais pas en LAN. Quand on est joueur de LoL, c’est parfois une plaie de jouer sur le net : on va tomber sur des afk, des gens qui s’insultent… Sur place, au contraire, ça se passe super bien. Peut-être aussi que ce ne sont pas les mêmes personnes, ou l’ambiance et l’environnement qui sont différents sur ce genre d’événement, mais jamais nous n’avons eu de problèmes. En même temps, le contraire nous dissuaderait très vite… (rires).

Quelle est votre vision sur l’évolution de l’association Lyon e-Sport, à moyen terme ?
C’est une question que nous nous posons beaucoup. On a beaucoup grandi, et les habitués de nos événements savent qu’on a fait un bond en avant assez important entre chaque édition. On souhaite ne pas grandir trop rapidement, et confirmer à chaque fois en apportant quelques améliorations. Si tout se passe bien pour la #6, et bien nous continuerons de grandir oui, mais toujours dans le même esprit.

On essaye aussi de produire du contenu tout au long de l’année, et c’est pour cette raison que depuis nous travaillons depuis un an avec d’autres acteurs : E2G, O’Gaming pour la Summer Party, mais aussi des barcrafts.

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Dans tout juste deux mois, ça sera la Gamers Assembly, la LAN numéro 1 en France. Est-ce que vous avez des relations particulières avec eux, ou d’autres, que ce soit amicalement, ou plus dans une forme de concurrence ?
Ce n’est pas pour faire du politiquement correct, mais on est en concurrence avec personne ! On serait en concurrence si nous étions une société et si nous étions plusieurs à se partager exactement le même marché, ce qui n’est pas le cas. Nous n’avons aucun objectif commercial. Et si ça avait dû être le cas, ce serait très présomptueux de notre part de nous comparer à un événement comme la GA qui est gigantesque. Plutôt que de la concurrence inutile nous préférons travailler main dans la main avec tous les organisateurs et acteurs de l’esport qui le voudront.

A l’inverse des LAN comme la GA qui sont annuelles, comment choisissez-vous le rythme de l’organisation des Lyon e-Sport, qui ont eu lieu à 5 reprises depuis le mois d’avril 2011 ?
On part sur la base d’une à deux LAN par an, et on voit ensuite en fonction des opportunités et des contraintes qui feront qu’on en fera plus ou moins. Par exemple, nous avions fait notre LAN #2 en avril 2012, qui avait été une réussite, beaucoup de gens voulaient remettre ça, et dans le même temps, l’école SUPINFO nous a contacté pour organiser une autre compétition, et leur école était disponible le mois suivant. La Lyon e-Sport #3 s’est donc déroulée en mai, un mois plus tard, car nous avions cette belle opportunité. Cela dit, avec l’ampleur que les événement sont pris c’est devenu difficile d’organiser deux LAN de rang, les budgets ne sont plus du tout les mêmes, les contraintes logistiques non plus.

L’implication de tous nos partenaires est aussi essentielle. Cette année, nous prévoyons donc la #6 en mars, puis de travailler en collaboration avec Event2Give sur la Cap’Arena en mai, et enfin sur un très gros événement sur Lyon en juin, pour lequel je ne peux pas en dire plus pour le moment, mais qui avance bien. Pour un week-end comme celui de la Lyon e-Sport #6, le budget est d’environ 60000€, parce que nous sommes une association. Si nous étions une entreprise, ce serait encore bien plus cher, parce qu’il serait impossible d’avoir certaines facilités. Les calculs sont assez simples à faire, les 200 inscriptions de joueurs à 20 euros ne couvrent même pas le cashprize, donc les partenaires sont ultra importants, ils font bien plus qu’une action promotionnelle. Non, ce n’est pas du caritatif, mais si on peut aujourd’hui proposer trois jours de jeu à un prix aussi bas, c’est grâce à eux.

Contrairement à il y a quelques années, la plupart des multijoueurs actuels nécessitent une connexion internet. Est-ce la principale difficulté aujourd’hui dans l’organisation des LAN ?
Effectivement. Nous avons trois principaux postes de dépenses, et principales difficultés, qui sont la salle, le cashprize qui est important (environ 5000€), et la connexion internet, tout simplement car il y a très peu de salles qui sont reliées en fibre optique pour le moment, et que notre événement nécessite un débit démentiel, inaccessible à des particuliers. A chaque fois, il faut des travaux lourds, c’est à dire du câblage, du terrassement pour mettre en place la fibre optique temporaire, ce qui est évidemment très coûteux. Certaines LAN essayent de fonctionner avec plusieurs box, ce qui marche mais n’est pas la meilleure option, le ping n’est pas parfait, les conditions de streaming non plus. Nous avons décidé de privilégier la qualité de service, donc il nous faut absolument une fibre optique. Comme l’année dernière, nous aurons donc une fibre optique installée par Numericable, d’un 1Go symétrique, ce qui suffira aux compétitions et aux 9 webTV présentes sur place.

En parlant d’internet, les qualifications LCS ont été très touchées par des attaques DDoS. Ces attaques, qui sont de plus en plus fréquentes, doivent-elles aujourd’hui faire partie des préoccupations d’un organisateur ?
L’année dernière, nous avions l’équipe Millenium, qui à cette époque était la cible d’attaques, et tout le week-end, nous avons subi des tentatives d’attaque. On savait que Millenium, entre autre, était visé pendant cette période, les techniciens s’étaient préparés et l’opérateur était prévenu. Cela dit, même quand on prend toutes les dispositions nécessaires, le dimanche en début d’après-midi, ils ont réussi à faire tomber le nœud du quartier autour de la salle… L’opérateur a été très réactif, mais nous avons pris beaucoup de retard à cause de cette attaque. Nous essayons de nous préparer au mieux, mais s’ils arrivent à DDoS les LCS, ils arriveront à DDoS Lyon e-Sport. C’est une pratique assez lamentable.

Ces dernières semaines, les attaques ont eu un réel impact sur les résultats. Est-ce que les organisateurs, et plus largement l’esport est dépourvu face à ces fauteurs de trouble ?
Comme dans de nombreux domaines, on l’avait évoqué dans le débat à la PGW, l’esport manque de cadres, de législation. Les règlements ne sont pas toujours très clairs sur ces points là, qu’est ce qui se passe quand tu t’es fait DDoS sur une game ? Est-ce qu’on a le temps de la refaire ? Oui, mais en LAN, le timing est souvent très serré… Il manque réellement un cadre, il faudrait que l’état soit plus impliqué la-dedans aussi. Si quelqu’un perturbe un match de foot, il est arrêté et il finit en garde à vue. Là, quelqu’un qui me DDoS en passant par la Russie, ou je ne sais où, il est relativement protégé. Je me vois mal aller au commissariat pour expliquer qu’on a été DDoS pendant une LAN, c’est surréaliste. Ça pourrait arriver pour des gros événements, pour des gros acteurs, Riot peut le faire par exemple, mais à notre niveau… à moins qu’ils aient réellement perturbé le réseau de l’opérateur et que cet opérateur décide de s’en mêler…

Cet été, on a vu l’association aux côtés d’Alt Tab Productions (O’Gaming) pour l’organisation de l’OGaming Summer Party, comment les choses se sont-elles mises en place ?
On les connaissait déjà à plusieurs niveaux. Personnellement, j’avais déjà travaillé avec eux sur Tales of the Lanes au Casino de Paris où, pour l’occasion, j’avais aussi travaillé pour O’Gaming. Plus simplement, Chips & Noi étaient venus à notre tout premier événement, et c’était leur premier déplacement en LAN en tanqut que commentateurs, donc il y avait un petit côté nostalgie. On est donc assez proches d’Alt Tab, notamment de C&N. Ils sont très bons en événementiel, avec des grosses capacités en audiovisuel, en technique, et ils avaient besoin d’un peu d’aide pour un événement ici à Lyon, nous avons répondu présent avec un grand plaisir. L’anecdote, c’est que la première fois que j’ai vu Noi, je pensais le connaître… et puis on s’est aperçus que nous avions fait le même lycée. (rires)

Avec le recul, cette Summer Party était une bonne expérience pour Lyon e-Sport, non ?
Oui, les choses se sont super bien passé, le public était très content, on s’est vraiment éclatés dessus, et on en retire que du positif. Quand on est bénévole, ce sont les sourires du public qui nous font avancer, c’est ça l’important. Et puis travailler avec O’Gaming est très instructif, ils ont d’excellentes compétences en événementiel et en audiovisuel.

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On entame la saison 4 des LCS, quel est ton regard sur cette compétition ?
Hélas, dans des périodes comme en ce moment, où on prépare un gros événement, j’ai de moins en moins le temps de suivre ce qui se passe sur la scène. Mais d’une manière générale, ce que je vois, c’est que Riot continue dans sa lancée de professionnalisation du milieu. Je trouve très intéressant qu’ils aient lancé les Challenger Series et qu’ils aient réussi à emmener Coca-Cola dans ce milieu là. En économie, c’est un cas d’étude : quand Coca s’intéresse à un secteur, il le dynamise complètement, parce que toutes les autres entreprises vont s’y intéresser aussi, c’est un gage de crédibilité.

C’est dans la lignée de l’implication de RedBull ?
Exactement, ce sont de très bonnes nouvelles. Ils vont débloquer les choses, et faire venir d’autres sociétés qui étaient peut-être réticentes à faire leurs premiers pas dans ce monde là. Pour en revenir à Coca, on sait qu’ils ont arbitré leur budget entre le SuperBowl et les LCS, ce n’est pas rien comme signe.

As-tu suivi l’histoire des contrats de joueurs en LCS, avec l’interdiction de streamer toute une liste de jeux, ce sur quoi RIOT a fait marche-arrière ?
C’est assez difficile à commenter sans avoir tous les paramètres, parce que nous ne les connaissons pas tous. D’un côté la décision peut apparaître logique de la part de l’éditeur, car si la scène se développe, et si les joueurs sont connus, et reconnus, c’est en partie grâce aux efforts de l’éditeur. L’inverse est également vrai d’ailleurs, mais quand tu fais autant d’efforts financiers et logistiques, tu n’as pas envie que tes concurrents bénéficient de l’élan que tu as donné à cette visibilité là. Donc je comprends la logique économique de vouloir limiter le stream de ces jeux. D’un autre côté, la liberté d’expression est vraiment importante, et il y a des limites à ne pas dépasser. Ils ont fait marche-arrière, et c’est une bonne chose.

Cependant, il y a peut-être des astuces à trouver, des aménagements dans les contrats à mettre en place, fixer des plages horaires… pour que tout le monde y trouve son compte, mais purement interdire des jeux, ce n’est pas possible.

Cette implication des éditeurs, tout le monde s’en réjouit, car elle apporte beaucoup de positif, mais n’est-ce pas dangereux pour l’avenir ? Si demain la société RIOT décidait d’arrêter les frais, ne laisserait-elle pas derrière elle un champ de ruines ?
Un champ de ruines non, je n’irai pas jusque là, parce que l’esport existait bien avant RIOT, et il y avait des LAN, des tournois online, et grâce à eux, tout ça a grandi, donc même si RIOT venait à disparaître, ces événements existeraient toujours et seraient plus grands qu’avant. Depuis que RIOT et Blizzard sur SC2 ont pris les choses en main, il faut bien voir que tout a considérablement accéléré. Ce n’est pas rien de s’impliquer au point de rémunérer directement les joueurs, via les équipes, et s’ils le font, c’est parce que les structures n’ont pas le moyen de le faire directement.

Pourtant il y avait un circuit établi, aussi bien sur LoL que sur SC2, circuit qui a été bouleversé pour mettre en place cette nouvelle donne…
C’est vrai qu’ils sont un peu arrivés avec leur bulldozer et ont pris les choses en main tout simplement… cela n’allait peut-être pas dans leur sens, ou pas assez vite et il faut reconnaître que globalement, ils font bien les choses. Après, il est vrai que ça enlève beaucoup d’autonomie a des structures plus petites, par exemple les équipes de LCS qui ne peuvent pas participer à d’autres compétitions, il y a tout un tas de contraintes qui va avec ça. D’un côté je suis un associatif, et de l’autre j’ai très envie que l’esport se professionnalise, j’espère seulement qu’on arrivera à trouver notre place dans ce nouveau milieu.

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Justement, cette omnipotence actuelle des éditeurs n’est-elle pas un frein au développement d’associations comme la vôtre, ou de sociétés qui se retrouvent à l’écart des nouveaux circuits de compétition ?
Oui et non, ça dépend vraiment du niveau auquel on se trouve. Pour un gros événement comme l’ESWC, c’est peut-être un frein, ils ont pas mal de contraintes et on l’a vu avec Starcraft 2 cette année, qu’ils n’ont pas pu programmer dans leurs tournois, il y a un manque d’harmonisation et de collaboration dans tout ça. A notre échelle en revanche, c’est plutôt une bonne chose, parce qu’ils vont plutôt nous aider, dans la communication ou sur place dans l’animation. Ils nous soutiennent à plusieurs niveaux et nous permettent d’avancer beaucoup plus vite. Ils ne sont pas non plus indispensables pour autant, le jour où il faudra faire la transition, et bien nous verrons autre chose.

Enfin, dernière question… Mon cher Nicolas, toi qui travaille au Casino de Paris, n’aurais-tu pas des tuyaux sur un prochain événement, actuellement dans les cartons ?
(rires) Des projets, il y en a plusieurs ! Mais rien de concret pour le moment.

Donc pas d’Iron Squid 3 dans ta salle pour le moment ?
Pas pour le moment en tout cas. (rires)

En bonus, voici le trailer fraîchement réalisé pour la Lyon e-Sport #6, avec une petite pointe d’humour :


Trailer Lyon e-Sport #6 HD par LyoneSport

8 COMMENTAIRES

  1. Je décale sans être hors-jeu sur les problèmes de DDoS : si RIOT ne fourni pas une solution au moins pour ses LCS, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. C’est pas comme si c’était compliqué (pour les LCS).

  2. Excellente interview de Meteora, on ne peut qu’applaudir de sa représentation du professionnalisme de l’association Lyon E-Sports. Je vous souhaite une évolution belle et maîtrisée, vous êtes très bien partis.

  3. Interview très intéressante et permettant de connaitre un peu plus des organisateur de la « concurrence » (je suis moi même membre de l’InsaLan depuis plusieurs années).

    Pour revenir sur les attaques DDoS, c’est en effet très problématique car les dégâts potentiels sont énormes (en terme de retard et d’image auprès des joueurs), à l’inverse des protections et défenses, qui sont elles très dures à mettre en place.

    Je parle en connaissance de cause, car nous avons aussi été cibles d’attaques cette année (InsaLan 9), ce qui a provoquée plus de problèmes en une seule édition que sur les 8 précédentes, ternissant notre image de lan sans problèmes de connexion.

    Mais (comme dis par Sabbasth) le problème est aussi partagé par les éditeurs qui ne fournissent pas de client lan ou alors obligent à avoir une connexion à leurs serveurs pour profiter intégralement du contenu du jeu (respectivement LoL/SCII et CS: GO/TF2 pour les jeux que nous avions accueillis cette année).

    En tout cas il est intéressant de retrouver un bon nombre de problématiques qui font aussi débat chez nous chaque année.

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