De la concurrence chez les barcrafts français ?

De la concurrence chez les barcrafts français ?

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Regarder un tournoi chez soi, c’est pas mal. Regarder ce même tournoi avec des bières et des potes, c’est encore mieux. C’est tout naturellement que le phénomène (occasionnel d’abord) des barcrafts a crû ces derniers mois, passant d’événements ponctuels dans des établissements classiques à l’apparition de réels bar dédiés à l’esport. Forcément, quand on parle aujourd’hui de barcraft en France, on pense immédiatement au Meltdown, dont le premier bar, aujourd’hui fermé, a été le précurseur d’une tendance qui se poursuit aujourd’hui avec le développement d’autres bars sous la même bannière (Londres, Berlin), ou avec le Respawn par exemple, lieu de rendez-vous de nos amis lyonnais.

Lancer un bar esport s’apparentait il y a encore quelques mois à un pari risqué, mais l’expérience nous a rapidement montré qu’il y a une réelle demande quant à l’installation et à la fréquentation de ce type d’événements, et nul doute que de nombreux barcrafts pourraient voir le jour dans les prochaines années. Actuellement, le « marché » se partage donc entre quelques rares bars qui viennent répondre à une demande géographique, et il n’y a pas de réelle concurrence entre les établissements (entre eux, ou avec ces associations qui organisent des soirées barcraft dans des bars).

barcraft-aucklandUn barcraft à Auckland, en Nouvelle-Zélande (photo gosugamers.net)

La situation est pourtant en train de changer, et Toulouse pourrait bientôt être le premier lieu d’affrontement entre deux bars dédiés à l’esport. Dans le coin rouge, le Meltdown Toulouse, le premier bar franchisé Meltdown de l’hexagone (après les deux à l’étranger, et avant d’autres toujours en projet, comme à Montpellier) et dont l’ouverture est prévue pour cet été. Dans le coin bleu, le Midgard, un projet de barcraft qui se trouve aujourd’hui à la case financement, via un MMC. Le Midgard parviendra-t-il à boucler son financement participatif, c’est à dire à obtenir une somme comprise entre 10000 et 20000€ ? Peut-être, peut-être pas. Y a-t-il assez de place pour deux bars concurrents sur Toulouse ? Peut-être, peut-être pas. La situation n’est pas encore définie, mais elle nous a déjà offert une scène cocasse sur facebook, via le groupe Barcraft, que je vous encourage à rejoindre. En cause, l’annonce de ce nouveau projet dans une ville qui accueillera bientôt un Meltdown, une annonce qui a fait réagir Yann-Cédric aka Ashiara, l’un des cofondateurs du Melt.

Conseils sages et éclairés d’une personne qui a un pied dans le milieu, ou condescendance manifeste envers un futur concurrent, chacun est libre de penser ce qu’il veut, mais l’exposition médiatique offerte à l’esport depuis plusieurs mois font que les projets de ce type pourraient se multiplier à l’avenir. Est-ce pour cette raison que les fondateurs du Meltdown ont décidé de créer très rapidement un système de franchise, en profitant de ce positionnement de pionnier en la matière ?

Mais voilà, aujourd’hui le succès du barcraft, en particulier à Paris, dépasse certainement le simple cadre du Meltdown, et l’ouverture de leur nouvel établissement à Bastille, où plus de 2000 personnes ont fait le déplacement, en est la preuve. Bien que les voyages au Meltdown nous ont quasiment toujours apporté satisfaction, il faut espérer que nous aurons dans les mois et les années à venir le développement d’autres barcrafts permanents, autre que le Meltdown, et qu’une (saine) concurrence se mettra en place entre les établissement de ce type.

Inutile ici de faire l’apologie des bienfaits de la concurrence, mais voir de nouveaux bars ouvrir, avec chacun leurs particularités et leur ambiance, à la manière de tout le panel qui existe pour ceux qui veulent aller voir une rencontre sportive, serait bien plus intéressante que le déploiement massif d’une franchise, telle une sorte de McDonald’s des barcrafts. Pouvoir à l’avenir choisir son barcraft lors d’une compétition, de la même manière qu’aujourd’hui certains penchent davantage pour un pub irlandais, pour un PMU ou pour un bar à tapas afin de regarder un match de foot ou de rugby, voilà qui serait bon.

1 commentaire

  1. Plop plop, je me permets tout de même une petite réponse :)

    Donc « Conseils sages et éclairés d’une personne qui a un pied dans le milieu, ou condescendance manifeste envers un futur concurrent, chacun est libre de penser ce qu’il veut »…

    A l’heure actuelle peu de gens savent comment faire tourner un eSport bar (et non un barcraft qui est, rappelons le, un événement ponctuel dans un bar classique autour d’un tournoi SC2, des déclinaisons LoL et DOTA2 existent avec Bar of Legends et Pubstomp) car c’est un métier qui débute. Mes collègues et moi avons eu la chance d’être là au tout début et nous avons donc une bonne idée du marché, de ses tenants et aboutissants. A l’heure actuelle s’il y avait la place d’ouvrir un deuxième eSport bar à Paris (qui est la ville la plus peuplée en terme de population eSport en France) nous le ferions. De ce fait, s’il n’y a pas la place à Paris, il n’y aura pas non plus la place à Toulouse.

    J’ai discuté un petit moment sur Skype avec les créateurs du projet Midgard et ils en ont bien conscience. Je leur ai donc souhaité tout le meilleur pour la suite de leur projet, rassuré de savoir que les instigateurs avaient bien la tête sur les épaules et savaient dans quoi ils se lançaient.

    Il ne faut pas toujours voir le mal partout :)

    Une fois encore (comme cela était précisé sur le post Facebook) je parle en mon nom et non au nom de ma société.

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