2013 est mort, vive 2013

2013 est mort, vive 2013

16
PARTAGER

Chaque début de mois, retour dans un court éditorial sur le ou les événements marquants du mois passé. Pour l’occasion, l’article est légèrement différent puisqu’il s’agit d’un « billet de fin d’année », un court retour sur les événements marquants de l’année, et sur les 6 premiers mois d’existence de ce blog.

A vos toasts, prêts, tartinez !

31 décembre, préparation d’un réveillon qui s’annonce festif et arrosé pour la majorité des gens. 2013 se termine, une année de plus en moins, mais vu que nous avons déjà survécu à la terrible fin du monde prévue l’année dernière, nous ne sommes plus à ça près. C’est en tout cas la fin d’une année à l’actualité esport chargée, et un premier réveillon pour ce blog qui souhaitera dans quelques jours, le 7 janvier, ses 6 mois. L’occasion de faire un rapide bilan de l’année esportive, mais également de la jeune histoire d’IEWT.

Que retenir de l’année 2013 ?

Aux premières lueurs de l’année 2013, les indicateurs étaient au vert, et laissaient présager une superbe nouvelle année esportive. La première mèche est arrivée très rapidement, le 26 janvier. A juste titre, le Journal du Gamer a titré « la démesure à la française« … mais quelle démesure ? Nous parlons évidemment de la seconde édition de l’Iron Squid, qui a eu lieu devant un Palais des Congrès de Paris plein à craquer. 3700 personnes (et quelques dizaines de milliers de viewers) qui ont pu assister à un spectacle salué par une communauté unanime, que ce soit sur place, ou sur internet et les réseaux sociaux, se concluant sur une finale et une remontée à la hauteur des attentes de ce large public, faisant immédiatement entrer cet IS2 au Panthéon des compétitions esportives qui ont marqué les esprits.

iron-squid-2-gamersLes 4 finalistes de l’Iron Squid 2, dont Life, futur vainqueur (image jeuxactu.com)

A l’exception de l’ESWC qui se produit chaque année dans l’hexagone (à part 2008) depuis sa création il y a 10 ans, les français n’ont pas l’occasion d’accueillir et d’assister aux plus grandes compétitions du moment. Alors que Bucarest ou Valence ont le droit à leur event estampillé DreamHack, et que le Spodek de Katowice va accueillir pour la deuxième fois en 2014 les Intel Extreme Masters, et que nos amis d’outre-atlantique ont eu droit aux LCS et autre TI3, rien pour les mangeurs de grenouilles que nous sommes, du moins presque rien. Au mois de mars, l’étape lilloise des LCS a ravi les fans français et belges du jeu de Riot Games. Une ambiance absolument folle, un public conquis (d’avance), pour un bilan extrêmement positif. Nul doute que le coût de l’organisation de ce genre d’événement en France est le seul réel souci qui nous empêche de voir plus souvent ce type de manifestation, et c’est bien dommage.

Quitte à évoquer l’ESWC, il serait dommage de ne pas parler de cette édition dont l’événement marquant est indéniablement l’entrée de Call of Duty (console) dans le pool de jeux. Résultat ? Une ferveur et une affluence qui n’était pas sans rappeler celle de Counter-Strike 1.6 dans la salle, et qu’on soit adepte du jeu ou non, ce spectacle était en tout cas fort agréable.

La France aime l’esport, mais l’esport aime-t-il la France ?

Les tournois coûtent cher, et de plus en plus cher. En cause, deux paramètres importants. Le sport électronique se retrouve confronté aux mêmes problématiques que le sport traditionnel quand à la recherche de lieux pouvant accueillir ces compétitions, et qui se doivent d’être à la fois de qualité, bien desservis, et capables d’accueillir un maximum de monde. Nous citions plus haut le Spodek de Katowice (et sa forme de grande soucoupe volante), capable de réunir 11000 personnes. Dans un registre proche, comment ne pas citer les finales de la saison 3 des LCS, qui ont eu lieu au Staples Center de Los Angeles. Une salle mythique, antre des LA Lakers, avec une capacité de 19000 places, au-delà de ce que peut offrir en France le POPB.

lcs-salleMais les salles ne sont pas le seul poste de dépense, et les cashprizes, en pleine explosion ces dernières années, représentent aujourd’hui des sommes très importantes. Il y a quelques années, les joueurs concourraient pour gagner une souris optique et trois cacahuètes. Aujourd’hui, organiser un tournoi de tout premier ordre implique de distribuer des cashprizes à plus d’un million de dollars. LCS, CoD XP, The International, aujourd’hui les sommes gagnées par les cyber-athlètes commencent doucement à se rapprocher de certains sports traditionnels.

Pendant ce temps, à l’étage inférieur, 2013 a confirmé l’importance qu’à pris le streaming dans le milieu du sport électronique, quitte par moment à se demander s’il ne l’a pas dénaturé. Il y a quelques années, les équipes jouaient leur rôle d’équipe, et alignaient les sections de jeux. Aujourd’hui, les sources de revenus manquent toujours à ces équipes, qui ont trouvé en le streaming non pas une alternative mais un complément au sponsoring. Les aAa, LDLC et autres Millenium comptent aujourd’hui souvent plus de streamers que de joueurs. D’autres, tels qu’Eclypsia ont complètement lâché l’esport pour se concentrer sur la création de contenu vidéo. Que ces structures se concentrent aujourd’hui sur ce qui peut leur rapporter de l’argent est totalement compréhensible, mais en contrepartie, on se retrouve aujourd’hui avec des équipes françaises incapables d’exister sur les principales scènes esport. Peut-être qu’un jour, ces acteurs prendront le temps de s’asseoir ensemble autour d’une table, et parleront des sujets délicats, tels que le droit à l’image des cyber-athlètes. Le streaming ne doit en revanche pas cacher le fait qu’il n’existe pas encore de modèle économique fiable en France pour des équipes, qui à l’instar d’un club sportif traditionnel, se contenteraient de leur activité première.

Enfin, comment terminer ce court rappel de l’année sans parler du crowdfunding, sorte de fil rouge de l’année 2013. Inutile de réexpliquer une énième fois les événements qui se sont succédé au long de l’année, tout est toujours disponible sur le blog, mais force est de constater que ce moyen de financement a suivi une ligne fortement prévisible : après un premier coup d’essai réussi des compères Chips & Noi pour leur tournoi Tales of the Lanes, nombreux sont ceux qui se sont engouffrés dans la brèche, jusqu’à ce qui devait arriver, un fail. Le vilain petit canard, nommé Esport pour tous, est peut-être finalement et avec le recul l’élément qui aura eu le mérite d’éviter davantage de problèmes, et de projets éclairs, aussi vite disparus qu’ils sont arrivés.

6 mois d’IEWT

Comme dit en introduction de ce bilan de fin d’année, le blog aura bientôt 6 mois. A la base, l’idée est simple, et modeste. Rassembler sur un même espace web des gens qui ont des choses intéressantes à dire à propos de sport électronique, amateurs ou professionnels. L’idée n’est pas de faire du stakhanovisme rédactionnel, mais de produire seulement ce que d’autres sites spécialisés ne font pas, ou pas assez : des articles de fond, de l’édito, du contenu alternatif, parfois décalé, parfois corrosif.

Au bout de quelques mois, IEWT trace tranquillement sa route, et a atteint un premier objectif : celui d’attirer et de plaire aux « amateurs éclairés » et à ceux qui agissent quotidiennement sur la scène esport française. Parfois, c’est avec des longs articles sur des sujets transversaux, à d’autres moment en exprimant un avis sur les « dossiers chauds » du moment. Les débuts ont pourtant été compliqués, ceux qui traînent sur le blog depuis son ouverture se souviennent certainement, entre les mois de juillet et de septembre, de la qualité de l’hébergement (signé 1&1, rendons-leur hommage). Après une fermeture de deux semaines, et un déménagement vers la patrie de la neutralité, du chocolat et de la Haute Horlogerie, l’IEWT nouveau était arrivé.

visites-IEWT

Depuis l’ouverture, 92 articles sont sortis de nos ateliers de trolls. accueillant 75000 visiteurs, pour un total de 160000 pages vues. Et bien que les chiffres restent un aspect secondaire dans la tenue de ce blog, ils nous permettent de nous rendre de la bonne marche du site. C’est donc l’occasion pour moi de remercier tous ceux qui ont publié ici, et qui, je l’espère, continueront à contribuer à l’activité du site : KdK, LaPauseClope, lep0lac, gOrdi, Semrodia, Cormag, KaiNaabz, SekYo, Aks, Cnd, Krok, TheHappyNouille et Uppsala. Merci également à tous les visiteurs, à tous ceux qui lisent, qui commentent, qui partagent, qui tweetent et retweetent, qui suivent l’activité sur les réseaux sociaux, à ceux qui partagent les infos, des photos (Mexis) et jouent le jeu du off, et bien plus encore, à tous ceux qui font que ce blog a une utilité.

Et maintenant, In 2014 we trust ? Continuer dans la même direction est le maître-mot pour l’année à venir, continuer à publier des analyses et autres éditos, à exprimer nos avis, quitte à s’attirer à nouveau l’ire, les insultes et les menaces de ceux qui ont pu, parfois, nous qualifier de haters cette année.

Au rayon des news, dans les prochaines semaines, IEWT accouchera d’un petit-frère anglophone, dont le but sera de diffuser les articles les plus intéressants d’IEWT à l’étranger, mais également de relayer chez les anglophones les petits potins croustillants de notre chère scène française, et ceux qui voudront nous aider dans cette nouvelle tâche, seront évidemment les bienvenus.

esportBYOC5-photo-groupeL’esportBYOC, une invention involontaire par des gens qui ont trop trainé aux abords des events esport et trop subi les ravages de l’alcool

Enfin, diverses collaborations sont à prévoir dans les mois à venir, mais nous communiquerons en temps voulu à ce propos. Il y a quelques semaines, un acteur de la scène française qui avait manifestement eu du mal avec une critique formulée à son encontre m’avait demandé si je n’avais pas honte d’appeler ce blog « In esport we trust ». Avec le recul, non, au contraire, et on va persister et signer en 2014.

Pour conclure, et avec quelques heures d’avance, je vous souhaite à tous une excellente année 2014, pleine de réussite. Et maintenant, direction le champagne !

16 COMMENTAIRES

  1. A l’année prochaine ! Et à tous les articles en préparation qui ne demandent plus grand chose pour arriver sur ce site !

  2. Je vous ai découvert en Octobre je crois et depuis je suis accro ! Continuez comme ça, j’adore ce que vous faites. Bonne année à IEWT et soyez fier de votre nom : vous y croyez et vous n’hésitez pas à vous fâchez avec certains lorsque c’est nécessaire.

  3. Bonne continuation à IEWT !
    Malgré quelques dérives (à mon sens) le cap est bien tenu par une équipe mature et le contenu est toujours intéressant.
    IIEWTWT ! :p

  4. Le souci pour réaliser de l’eSport n’est pas le coût des emplacements ou de la technique et des équipes. Mais bien le retour sur investissement extrêmement difficile à calculer comparativement aux investissements traditionnels.

    Il faut donc parvenir à développer de la croyance chez les investisseurs (ou responsables internes) et ce n’est pas une mince affaire !
    A l’heure où le moindre centime est décortiqué et analysé, l’eSport demande un investissement upfront bien difficile à réaliser.

    Ce n’est pas en prenant l’exemple d’un LoL qu’on fait avancer la cause car le jeu vidéo compétitif ce n’est pas que le Big three (ou four). Il y a d’autres jeux qui eux aussi pourraient faire un très joli spectacle, et surtout ramener un nouveau public dont a bien besoin l’écosystème eSport.

REPONDRE